Category: Livres,Romans et littérature,Livres de référence
Shakespeare, le poète au théâtre Details
Pourquoi le plus grand poète anglais a-t-il choisi d’écrire avant tout pour le théâtre ? Telle est la question essentielle que pose Michael Edwards, lui-même poète, essayiste et grand spécialiste de Shakespeare, à qui il a déjà consacré plusieurs livres. En étudiant comment Shakespeare oeuvre en poète dans tous les aspects d’un travail pour la scène, il montre que la multiplicité des personnages dans chaque pièce l’incite à renoncer à une seule perspective et à soumettre sa vision au jugement de situations concrètes. Shakespeare dépasse le lyrisme du moi en se hasardant sans cesse dans le je des personnages, même secondaires. Il transforme ainsi la poésie en parole, maintient l’oralité, et devient le « poète des autres ». Pour développer ses idées, Michael Edwards a sciemment choisi des pièces moins connues : Les Deux gentilshommes de Vérone, Peines d’amour perdues, Troilus et Cressida, Mesure pour mesure, Tout est bien qui finit bien et Cymbeline. Couvrant toute la carrière de Shakespeare, elles sont particulièrement aptes à éclairer la question, et se révèlent d’une richesse insoupçonnée. Elles lui permettent également de redéfinir le théâtre – lieu autre, à la fois matériel et fictif, image parfaite de ce changement du réel et du moi qui serait la tâche fondamentale de la poésie. En suivant inversement le travail du dramaturge dans les Sonnets, Michael Edwards propose une lecture claire et passionnante de ces poèmes mystérieux qui explique enfin leur sens et leur place dans l’oeuvre de Shakespeare.Après De l’émerveillement (Fayard, 2008), Michael Edwards nous livre cette méditation originale sur le théâtre et sur la poésie. Elle fut l’objet de ses cours au Collège de France qui suscitèrent un grand intérêt lors de leur diffusion par France Culture.

Reviews
Michael Edward, poète, essayiste, professeur honoraire au Collège de France à la chaire d'?tude de la création littéraire en langue anglaise. Il est membre de l'Académie française depuis le 21 février 2013 et Knight Bachelor depuis 2014. L'auteur avait su partager sa passion de Molière dans l'analyse pertinente de la substance de son art qui est le rire (cf. Le Rire de Molière).La double culture littéraire, aboutie, de Michael Edwards régale le lecteur enthousiaste de Shakespeare, amoureux de la langue anglaise et de la langue française. Traduire Shakespeare est complexe tant le vocabulaire est riche, expressif, créatif. Shakespeare (1564 - 1616) affirme le génie de cette langue nouvellement affirmée comme langue du Royaume. Ce ne fut en effet qu'en 1362 que l'anglais remplaça le français comme langue officielle. Shakespeare semblait se rendre compte "de l'importance de la fin du XIV ème siècle pour l'agencement de la langue dans tous ses détails (...) pour l'agencement de ses composantes germanique et franco-latine et pour son triomphe (encore mal assuré) sur le français." (p.233)Shakespeare, avec le concours inestimable de Edwards, nous conduit au coeur du génie linguistique anglais, au noyau en fusion de la pensée, de l'expression, de la culture, du vécu, des moeurs.Shakespeare humaniste, imprégné de culture biblique, se révèle en grand poète."Sin of self-love possesseth all mine eye,And all my soul, and all my every part;And for this sin there is no remedy,It is so grounded inward in my heart.Le péché d'amour de soi possède tout de mes yeux,Et toute mon âme, et tout ce qui est moi;Et pour ce péché il n'est pas de remède,Il est si enfoncé dans le fond de mon coeur."Michael Edwards accompagne son lecteur vers le sublime littéraire. Il éclaire les jeux amoureux des pièces de théâtre qu'il expose "Les deux gentilshommes de Vérone", "Peines d'amour perdues", "Troilus et Cressida", "Mesure pour mesure", "Tout est bien qui finit bien" et Cymbeline".Cependant pour la compréhension magistrale du théâtre de Shakespeare, et de "Troilus et Cressida" en particulier, le lecteur est convié à lire (et relire) la magistrale démonstration de René Girard "Shakespeare : Les feux de l'envie". Pour le théoricien du désir mimétique, Shakespeare était un "miméticien" avant la lettre. "Je désire ce que désire autrui" voire même "je désire ce que je pense que l'Autre (mon modèle, mon rival) désire" - Je puis désirer un désir imaginaire, et je le désirerai plus fort encore par mimétisme de l'Autre, ce qui conduit à l'attitude tant exploitée par les publicitaires "je ne désire un objet que parce que mon rival le désire".Le modèle, c'est le médiateur du désir (in Mensonge romantique et vérité romanesque). Le désir mimétique est de nature triangulaire :"On peut toujours représenter [le désir] par une simple ligne droite qui relie le sujet et l'objet. La ligne droite est présente, dans le désir de Don Quichotte, mais elle n'est pas l'essentiel. Au-dessus de cette ligne, il y a le médiateur qui rayonne à la fois vers le sujet et vers l'objet. La métaphore spatiale qui exprime cette triple relation est évidemment le triangle."Je regrette, en filigrane, que cette clef de lecture girardienne fasse défaut à Michael Edwards.
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